Mercredi 23 novembre 2005
Le Randonneur :
Son sac sur le dos, short beige et chaussettes jusqu’aux énormes mollets, chaussures de marche en tous les lieux par tous les temps, le randonneur pousse parfois jusqu’à déambuler dans les rues d’Aurillac le bâton de pèlerin à la main. Pour les plus raisonnables, le bâton reste dans le sac, bien en vu à côté de la gourde en fer et de la carte IGN… Et puis, nec plus ultra, le randonneur quitte parfois ses énormes chaussures à crampons pour des chaussures de Jésus (sandales à deux lanières), toujours portées avec les fameuses chaussettes.
Le Cycliste :
Nombreux au Puy Mary, le Ventoux local, les cyclistes même sans leur tenue de camouflage moulante aux publicités agressives se reconnaissent facilement. Contrairement aux randonneurs, ils n’ont pas de bâton mais cuisses et mollets sont d’un beau gabarit. Parmi les petits trucs infaillibles pour les reconnaître : le bronzage qui s’arrête net, juste un peu plus bas que la manche du tee-shirt et au dessous du short (pourquoi diable les caleçons des cyclistes sont-ils si longs ?). Les jambes rasées : un autre signe qui ne trompe pas. Enfin, le cycliste a souvent un certain âge, comme si la passion de la pédale venait avec le temps… Et puis, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le cycliste adore faire une pause au café ou à la pâtisserie, alors cherchez les peut-être par là.
Le Beauf :
Le beauf erre en famille dans la cité géraldienne. Vêtu d’un survêtement d’un autre âge ou d’un short du type footballeur des années 80’, sandales et pochettes en cuir (au pied pour les premières, sous le bras pour la seconde), sacs d’intermarché à la main, le beauf veut faire plaisir à sa femme et ses gosses. Alors aujourd’hui, ce sera resto ! Ce n’est pas tous les jours les vacances ! Connaissez-vous une bonne pizzéria ou un bon kébab dans le coin ?
Le jeune banlieusard :
Cette bande de jeunes qui se retrouve à Aurillac début août, personne ne sait d’où elle sort. C’est même pas encore le Festival de rue… Eux non plus d’ailleurs, ne savent pas trop quoi faire ici. Loin de leurs tours et de l’ambiance des cités, le jeune banlieusard, survêt blanc et baskets rouges, s’étouffe un peu au pays des volcans et des montagnes. « Chuis trop véner, y’a rien à foutre ici, c’est la loose. » Il est vrai que traîner au centre commercial du coin, c’est pas très « in », ici… Et puis, « qu’est ce qu’ils ont tous à regarder ma casquette, on est en été merde ! ». « Même pas une meuf un peu chaudasse dans les parages ; putain, c’est mieux de se faire chier à la cité que de se faire chier ici. Trop galère ce trou ! »
Le ravi :
Depuis qu’ils ont fait restaurer cette petite maison dans le style du pays, Monsieur passe ses journées à se prélasser au bord de la piscine. Il est vrai qu’ils ne viennent que quinze jours par an, alors autant en profiter. « Et puis, je ne sais pas qui a dit que le climat était rude à Aurillac, depuis que nous sommes ici, il fait 30°C tous les jours… C’est presque la Côte d’Azur, chérie », ajoute t’il d’un ton désinvolte. En réponse, Madame lui apporte un petit rafraîchissement. Ah c’est bon la campagne…
Le couple de retraités :
Le camping-car dernier cri enfin garé, Papy et Mamie flânent dans les rues ; la petite-fille, à peine 5 ans, déjà obèse, donne la main à Papy (qui s’enorgueillit intérieurement devant une boutique de sous-vêtements). Dans l’autre main, une énorme glace : fraise, vanille, chantilly ! A la recherche d’une boutique de souvenirs un peu kitchs, on va faire plaisir à la petite… « Bah, c’est bien normal, on nous la prête pas souvent… ». « Pour maman, regarde cette assiette avec les marmottes et les montagnes. Et toi, cette vache Salerssse en peluche, elle te plaît pas ? »
Les Parfaits :
Ce matin, ils ont gravi le Puy Mary et à midi, les nanas de l’Office de Tourisme leur ont suggéré un petit restaurant gastronomique sympa. Mmm, ils ont pas regretté… Cet après-midi, visite du vieil Aurillac, du Muséum des Volcans et du Musée d’archéologie. Demain, ce sera le parc aventures du Lioran pour les enfants le matin et la Maison de la Châtaigne l’après-midi… Et avant de rentrer au gîte, faudra penser à acheter du fromage et ces pâtisseries que j’ai vues en ville. Et puis finalement, après de nouvelles balades à Salers, Marcolès et dans la Vallée de la Jordanne, ils choisiront de revenir une dernière fois à Aurillac pour faire les boutiques et repartir avec quelques bouquins de photos de Pierre Soissons (un peu de Cantal à emporter), un parapluie et divers souvenirs. En promettant de revenir dans quelques années…
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